« Moi et mon chien III » de Ken Mikaige présente une juxtaposition inattendue entre technologie et nature. L’œuvre met en scène un astronaute en combinaison spatiale accompagné d’un chien de berger blanc, déambulant sur une colline écossaise sous un ciel brumeux. Cette composition évoque le concept de « dépaysement » cher aux surréalistes, en plaçant un élément incongru dans un contexte familier. La photographie joue sur le contraste entre l’équipement high-tech de l’astronaute et le paysage bucolique, créant une tension visuelle qui interroge notre rapport à l’environnement. La palette chromatique, dominée par les verts de la végétation et les gris du ciel, accentue l’atmosphère onirique de la scène. L’utilisation de la profondeur de champ et la composition soignée rappellent les tableaux vivants de Gregory Crewdson, connu pour ses mises en scène élaborées. La présence du chien, symbole de fidélité, aux côtés de l’astronaute, figure de l’exploration, crée une narration ouverte sur les thèmes de la solitude et de la quête. Cette œuvre s’inscrit dans la tradition du photomontage surréaliste, initiée par des artistes comme Man Ray dans les années 1920. La technique de Mikaige, qui fusionne des éléments disparates en une image cohérente, fait écho aux expérimentations de l’avant-garde photographique du XXe siècle. L’œuvre invite à une réflexion sur la place de l’homme dans l’univers, thème récurrent dans l’art contemporain face aux défis environnementaux. La mise en scène soigneusement orchestrée de Mikaige rappelle également les tableaux de Magritte, où des éléments incongrus cohabitent dans des paysages apparemment ordinaires.

















