« Le baiser » de Leo Delorni s’inscrit dans la tradition de l’Art Nouveau, caractérisée par ses lignes fluides et ses motifs organiques. La composition centrée sur les deux femmes crée un point focal immédiat, leurs visages formant une symétrie quasi parfaite. L’utilisation de la feuille d’or dans les vêtements et l’arrière-plan évoque la période dorée de Gustav Klimt, ajoutant une dimension symbolique et luxueuse à l’œuvre. Les motifs circulaires et géométriques qui ornent les robes rappellent les mosaïques byzantines, créant un dialogue entre l’ancien et le moderne. Le traitement des visages, avec leurs traits délicats et leur carnation rosée, témoigne d’une maîtrise technique dans le rendu de la peau. La posture intime des personnages, yeux clos, suggère une exploration de l’intériorité et de la connexion émotionnelle, thèmes chers à Egon Schiele. Le ciel bleu profond parsemé d’éléments dorés crée une atmosphère onirique, brouillant les frontières entre le réel et l’imaginaire. La palette chromatique, dominée par les bleus et les ors, établit un contraste saisissant qui guide le regard du spectateur. Les cheveux ondulés des femmes, traités avec une attention particulière aux détails, ajoutent un élément de mouvement à la composition statique. L’œuvre joue sur la tension entre la bidimensionnalité des motifs décoratifs et la tridimensionnalité subtile des figures. La fusion des styles, allant du symbolisme au modernisme naissant, place cette peinture à la croisée des courants artistiques du début du XXe siècle.



















