« New York matin clair » de Karla Fidho explore une vision urbaine à travers une approche post-impressionniste, où la monumentalité des gratte-ciels dialogue avec une étude précise de la lumière et de l’atmosphère. Le ciel, baigné d’un bleu clair presque diaphane, devient un espace d’ouverture visuelle qui rappelle le traitement atmosphérique de Claude Monet dans ses séries sur la gare Saint-Lazare ou la cathédrale de Rouen. À l’instar de Monet, Fidho semble s’attacher à capter les effets changeants de la lumière sur les surfaces architecturales, soulignant comment cette dernière sculpte les contours des bâtiments et transforme leur matérialité rigide en éléments vivants.
Les façades sombres et rouges des immeubles, qui s’étendent en masses compactes dans le premier plan, sont équilibrées par la légèreté presque immatérielle du ciel, créant un contraste qui évoque l’interaction entre architecture et lumière dans les toiles de Monet. Fidho, cependant, ne reproduit pas le jeu impressionniste des couleurs fragmentées, mais conserve une palette structurée et disciplinée, inscrivant son œuvre dans un modernisme teinté d’influences impressionnistes. Le gratte-ciel central, rappelant le Chrysler Building, capte la lumière du matin de manière subtile, comme les pierres des cathédrales chez Monet, où les variations chromatiques traduisent le passage du temps et les nuances de l’atmosphère.
Le choix de traiter les surfaces avec une texture granuleuse, à la limite de l’abstraction, fait écho à l’effort de Monet pour dépasser la simple représentation architecturale et saisir une essence éphémère et lumineuse. Dans cette peinture, les plans géométriques se détachent tout en restant imprégnés par une lumière diffuse, qui joue un rôle structurant et émotionnel. La tension entre la masse des immeubles et la fluidité lumineuse du ciel reflète une double dynamique : l’immobilité imposante de l’urbanisme moderne et la fugacité des phénomènes naturels. Fidho intègre ainsi à son approche des éléments issus d’une tradition impressionniste, mais avec une retenue qui l’ancre dans une réflexion moderniste et presque contemplative, s’interrogeant sur la manière dont la lumière transforme et humanise les environnements urbains.


























