Cette œuvre réalisée par Rosine Chufisant fusionne l’esthétique du Pop Art et du Néoplasticisme à travers le portrait d’une femme blonde dont les traits empruntent aux trames Ben-Day caractéristiques de Roy Lichtenstein. Le visage est fragmenté par une grille orthogonale rigoureuse évoquant les compositions de Piet Mondrian, où les lignes noires d’épaisseurs variables structurent l’espace pictural. Cette intersection entre la figuration narrative issue de la bande dessinée et l’abstraction géométrique pure crée une tension entre la profondeur émotionnelle du sujet et la planéité radicale du support. L’artiste utilise une palette restreinte de couleurs primaires — bleu, rouge et jaune — pour unifier ces deux courants majeurs de la modernité du XXe siècle. La chevelure dorée et les lèvres carmin occupent les espaces négatifs de la grille, transformant le portrait en une mosaïque de plans colorés. Historiquement, cette approche rappelle les recherches de l’école de New York et du mouvement De Stijl sur la réduction de la forme. L’intention réside dans la déconstruction de l’icône populaire, soumise à une discipline mathématique qui fige l’expression dans un cadre intemporel. Cette œuvre s’adresse à un collectionneur doté d’une érudition classique, appréciant la rigueur intellectuelle alliée à la culture visuelle contemporaine. Elle séduira ceux qui cherchent une méditation sur la dualité entre l’ordre rationnel et la sensibilité organique du portrait. L’équilibre chromatique et la précision des contours témoignent d’une maîtrise technique héritée des avant-gardes historiques. Le spectateur y verra un dialogue entre le dynamisme urbain et la sérénité de l’équilibre géométrique.


































