Le parcours de Dorian Mentip est une quête incessante vers la clarté chromatique. Après avoir étudié les bases du modernisme européen à Utrecht, sa ville natale, il a été fasciné par la capacité du Pop Art à transformer l’objet banal en icône éternelle. Pour lui, la rigueur géométrique et mathématique du mouvement De Stijl n’est pas une cage, mais un échiquier de lumière où vient danser l’énergie brute du Graffiti Art et du dessin urbain. C’est dans ce dialogue entre la structure architecturale et la spontanéité de la rue qu’il puise sa force créative.
Installé dans son atelier baigné de lumière, Dorian travaille chaque pigment pur comme une matière première brute. Son univers est une synthèse harmonieuse des esthétiques qui ont marqué le XXe siècle : on y retrouve le glamour de l’image imprimée, la précision chirurgicale de la Ligne Claire et la gourmandise visuelle de la Nouvelle Figuration. À travers ses toiles, il insuffle une vie nouvelle aux codes de la bande dessinée et de la culture publicitaire. Passionné par les jeux de perception, il explore également les profondeurs optiques de l’Op Art, qu’il intègre à ses compositions pop pour créer des tensions vibrantes.
Pour Dorian, l’art est avant tout une question de partage et de lumière. Une petite anecdote illustre bien sa personnalité : lors de son premier voyage à New York dans les années 90, fasciné par le tumulte de la ville, il a passé une nuit entière dans les couloirs du métro à esquisser des silhouettes colorées sur des affiches publicitaires désinfectées pour égayer le trajet des premiers banlieusards du matin. Rentré à Utrecht, cette pulsion de « donner de la couleur au quotidien » ne l’a plus jamais quitté. C’est ce même enthousiasme candide que l’on retrouve aujourd’hui dans chacune de ses créations.














