«Femme glitch» de Donna Glisco présente un visage juvénile et androgyne en gros plan, traité avec une frontalité qui occupe presque tout le champ visuel. Les traits fins et symétriques du sujet sont fragmentés par des blocs de couleur saturée, évoquant des pixels hypertrophiés ou une image vidéo en compression déstructurée. Le rouge ardent, le bleu électrique et le vert fluo se juxtaposent à des aplats de blanc pur, créant un contraste chromatique qui interpelle la perception. La dichotomie des deux moitiés du visage, chacune modulée par des teintes et des intensités différentes, accentue un effet de décalage perceptuel et de dualité. La composition s’inspire des principes du Pop Art par l’usage d’aplats et de contours nets, rappelant les portraits d’Andy Warhol, tout en intégrant l’obsession fauviste de Matisse pour la couleur pure. L’influence de l’Op Art se perçoit dans les variations de luminosité et les déplacements optiques suggérés par la juxtaposition chromatique. Le traitement numérique et glitché évoque une déconstruction de l’identité, transformant le portrait traditionnel en un assemblage de données visuelles et de fragments codés. Les couleurs saturées, combinées à la géométrisation partielle du visage, introduisent une dimension quasi algorithmique à la perception du sujet. La sérigraphie pop trouve un écho dans la simplification des formes et la netteté des lignes, tandis que le glitch art impose une instabilité visuelle qui renvoie à l’ère de l’information. L’œuvre interroge la relation entre identité et écran, confrontant le spectateur à un visage à la fois familier et perturbé. L’orientation frontale et la tension des couleurs favorisent une expérience perceptuelle immédiate, rappelant les expérimentations chromatiques de Victor Vasarely tout en ancrant l’œuvre dans une contemporanéité numérique. Le visage devient un espace de tension entre figuration et abstraction, où chaque bloc de couleur dialogue avec l’architecture du portrait.
























