Cette œuvre d’Elias Luter dépeint la flèche du Chrysler Building émergeant d’un brouillard matinal aux reflets d’or dans un paysage urbain New York voilé par les aérosols atmosphériques. Le sujet s’inscrit dans une tradition de la veduta où l’architecture art déco se dissout dans une lumière diffuse évoquant les recherches sur le sfumato. La composition s’appuie sur une verticalité stricte brisée par l’immatérialité des strates vaporeuses rappelant les perspectives aériennes de Léonard de Vinci. L’artiste adopte une approche graphique proche du dessin de Stephen Wiltshire privilégiant la précision mémorielle et la rigueur du trait structurel sous l’opacité chromatique. On y devine une parenté avec les atmosphères de Whistler pour le traitement des tonalités nocturnes et de Turner pour la sublimation de la lumière naturelle. L’intention semble résider dans l’exploration du sublime technologique confronté à l’évanescence des éléments naturels créant une tension entre la permanence de l’acier et la fugacité de la brume. Historiquement cette vision renvoie au pictorialisme du début du vingtième siècle cherchant à ennoblir le médium par une esthétique vaporeuse. L’œuvre interroge la place du monument historique dans une perception onirique et presque spectrale de la ville. Cette création pourrait retenir l’attention d’un amateur de photographie contemporaine sensible à la déconstruction des formes urbaines. La dimension symbolique de l’ascension architecturale vers une clarté céleste séduira le collectionneur en quête d’une esthétique épurée et méditative.


















