Il y a, dans certaines images, cette capacité rare à se déposer sur nos murs comme un parfum sur la peau. Les mondes de Hayao Miyazaki appartiennent à cette catégorie d’images dont la lumière semble continuer de vibrer même lorsque l’écran est éteint. Longtemps confinés aux salles obscures, ces paysages suspendus viennent désormais habiter nos intérieurs, se transformant en véritables pièces de décoration à part entière.
Quand l’animation devient tableau : un pont entre Est et Ouest
En 1890, Claude Monet découvre l’estampe japonaise et commence à collectionner des ukiyo-e chez lui à Giverny. Ses murs se couvrent de gravures de Hokusai et Hiroshige, dont les lignes souples et les aplats colorés nourriront directement sa peinture jusqu’à sa mort en 1926. Ce dialogue intime entre un intérieur français et des paysages japonais préfigure assez bien ce que nous vivons aujourd’hui avec les univers de Miyazaki.
Les cadres qui reprennent ses mondes flottent sur les murs comme des héritiers contemporains de l’estampe : contours délicats, lumières diaphanes, silhouettes esquissées en quelques lignes sûres. Sauf qu’ici, au lieu de vagues géantes ou de ponts sous la neige, ce sont des créatures rondes, des forêts bruissantes et des maisons perchées qui viennent s’accrocher dans le salon. La frontière entre cinéma et arts décoratifs s’efface au profit d’un paysage intérieur continu, où l’on passe du canapé à l’imaginaire sans changer de pièce.

Cette translation du film vers l’objet décoratif n’est pas qu’une coquetterie d’amateurs. Elle répond à un besoin très contemporain : habiter des espaces souvent trop lisses avec des images qui racontent des histoires, à l’instar des grands panneaux muraux peints que Pierre Bonnard réalise vers 1906 pour des appartements parisiens, destinés à transformer le salon en paysage continu, baigné de couleurs et de souvenirs.
« Les couleurs, comme les traits, suivent les changements des émotions » écrivait Pablo Picasso. Dans les univers de Miyazaki, ces couleurs suivent aussi les changements de saisons, de rêves et de lumière intérieure.
De la salle de cinéma au salon : la maison comme écrin poétique
En 1985, la création du Studio Ghibli marque un tournant discret mais décisif dans l’histoire de l’image animée. Le studio Japonais fondé par Miyazaki et Isao Takahata ne se contente pas de raconter des histoires : il construit des mondes cohérents, dotés d’une architecture, d’une végétation, d’une météo émotionnelle. En 2001, l’ouverture du Musée Ghibli à Mitaka, près de Tokyo, consacre cette volonté : l’univers du film déborde littéralement de l’écran pour se matérialiser dans l’espace, jusqu’aux escaliers, vitraux et boiseries.
Inviter ces images chez soi, c’est en quelque sorte miniaturiser ce musée pour l’intégrer à sa propre architecture intérieure. Un cadrage serré sur une forêt brumeuse devient comme une fenêtre ouvrant sur un jardin secret. Une scène de vol au-dessus des nuages rappelle ces fresques plafonnantes du XVIIe siècle, comme celles de Le Guerchin au palais Ludovisi vers 1621, où les personnages flottent dans le ciel, abolissant le plafond au profit d’un infini peint.

Sur un mur de salon, les œuvres inspirées par Miyazaki ne se contentent pas d’illustrer un film aimé, elles redessinent l’espace par le jeu des perspectives japonaises : lignes fuyantes, plans superposés, brumes colorées qui atténuent les contours. Un simple corridor tapissé de ces motifs peut paraître plus long, plus profond, tel un chemin menant vers un ailleurs. Une chambre d’enfant, quant à elle, se transforme en petit théâtre suspendu où les créatures bienveillantes deviennent des gardiens silencieux de la nuit.
Les pièces proposées sur Maiiart.com jouent avec ces effets de profondeur et de lumière : papiers légèrement texturés, encadrements sobres laissant respirer le dessin, formats étudiés pour dialoguer avec un canapé, une bibliothèque, une applique murale. Le mur devient un écran permanent, mais un écran de papier, mat, palpable, où la lumière naturelle glisse au fil de la journée.
Un art de vivre : textures, lumières et héritage visuel
Il suffit de regarder l’attention portée aux détails dans « Mon voisin Totoro » (1988) ou « Le Voyage de Chihiro » (2001) pour comprendre pourquoi ces images s’intègrent si bien à la décoration. La mousse sur les toits, les planches de bois patinées, les lanternes qui diffusent une lumière ambrée : tout y est déjà pensé comme une scénographie. Accrochées au mur, ces scènes continuent de jouer avec la lumière ambiante, de l’aube bleutée aux dorures du soir.
En 1902, Gustav Klimt réalise « Le Baiser », où l’or et les motifs ornementaux envahissent la toile, transformant la peinture en véritable objet décoratif, presque mural, au croisement de l’icône et du paravent japonais. De la même manière, les images inspirées par l’univers de Miyazaki oscillent entre illustration narrative et ornement mural : elles racontent, mais elles habillent aussi, par leurs aplats colorés et leurs rythmes de formes.
Sur Maiiart.com, cet héritage visuel se traduit par une attention presque tactile aux supports : papiers beaux-arts légèrement granités, encres profondes, jeux de mats et de brillants qui captent ou absorbent la lumière. Une scène nocturne, imprimée sur un papier mat, devient velours sombre contre lequel se découpe la lueur d’un lampadaire. Un paysage diurne, sur un support légèrement satiné, reflète doucement la clarté d’une baie vitrée. L’image n’est plus seulement vue : elle est ressentie, comme un tissu ou une céramique à portée de regard.
Loin du simple « produit dérivé », ces pièces s’inscrivent plutôt dans la tradition des paravents peints japonais, tels ceux de Kanō Eitoku au XVIe siècle, où paysages et créatures fantastiques venaient rythmer l’espace domestique, modulant la perception de la pièce selon l’agencement des panneaux. Ici, un ensemble de trois cadres en triptyque peut, de la même façon, recomposer le mur et instaurer un tempo visuel qui structure tout le salon.

On y gagne une double richesse : le plaisir immédiat de reconnaître un univers aimé et la satisfaction plus silencieuse de voir son intérieur dialoguer avec une histoire plus vaste, celle des images qui, depuis les fresques antiques jusqu’aux affiches contemporaines, tentent d’agrandir les murs de nos maisons.
Et peut-être est-ce là le véritable enchantement : voir cohabiter, sur un même mur, un paysage inspiré de Miyazaki et une photographie, un souvenir de voyage et un miroir, comme autant de chapitres d’un même récit. Les œuvres disponibles sur Maiiart.com s’invitent alors non comme des intruses, mais comme des hôtesses bienveillantes, prêtes à accueillir votre propre histoire dans leur cadre.
Si votre salon réclame discrètement une touche de poésie, si un couloir semble attendre sa première fenêtre imaginaire, laissez-vous guider par ces images qui prolongent la magie de l’écran. En parcourant les créations inspirées par l’univers de Miyazaki sur Maiiart.com, vous découvrirez peut-être que le plus beau des voyages commence parfois… au mur du séjour.















