« Zèbre pop » d’Elke Palu repose sur un réseau de lignes sinueuses aux contours nets, où le noir et le blanc alternent avec des touches de rouge, de bleu et de jaune. Cette organisation structurelle, proche des principes de l’Op Art, génère une instabilité optique qui capte et sollicite le regard par un effet de vibration. Le motif linéaire évoque les recherches de Bridget Riley sur la perception du mouvement, où l’interaction des formes et des contrastes produit une dynamique interne à l’image. L’utilisation d’un tracé continu, sans rupture, inscrit cette œuvre dans une filiation avec le vocabulaire graphique de Keith Haring, qui privilégiait une écriture visuelle directe et rythmée. La répétition et la variation des courbes rappellent également les compositions de Victor Vasarely, où la structure modulaire et les couleurs franches agissent comme des éléments constructifs d’une vision synthétique du réel. Ici, la couleur semble détachée d’une fonction descriptive pour devenir un élément autonome, accentuant l’effet immersif propre aux illusions d’optique. L’absence de centre ou de hiérarchie dans la composition renforce un effet d’expansion, où le regard du spectateur n’est jamais fixé mais continuellement mis en mouvement. Ce traitement plastique s’inscrit dans une logique où l’art et le graphisme se croisent, dans un dialogue avec la culture visuelle contemporaine. L’organisation du motif et la tension entre les couleurs primaires et le monochrome traduisent une approche minimaliste, où chaque élément semble pensé pour son impact sensoriel. La régularité des ondulations peut être rapprochée du constructivisme, qui privilégiait une approche systématique de la composition et une économie de moyens pour produire des effets de profondeur et de volume. En jouant sur la récurrence et la fragmentation des lignes, cette œuvre construit un espace pictural instable, où le regard oscille entre figuration et abstraction.



















